Le coût de recharge électrique: une alternative économique à l’essence?

La recharge d’un véhicule électrique semble-t-elle s’orienter vers une tarification dépassant celle d’un plein d’essence ou de diesel ?

Le dispositif de plafonnement tarifaire atténue certes la hausse pour les recharges à domicile, mais les tarifs des bornes connaissent une augmentation.

Alors que la part des véhicules électriques atteint 25 % des ventes de voitures neuves en France, les conducteurs optant pour cette solution s’inquiètent de la possible hausse des tarifs de l’électricité. Pourront-ils bientôt être amenés à payer autant, voire davantage, pour recharger leurs batteries que s’ils faisaient le plein de leur ancien véhicule ?

Des discussions agitent actuellement le domaine de la recharge des véhicules électriques, suggérant que cette opération pourrait devenir plus coûteuse que le ravitaillement d’une voiture à essence.

Les coûts de l’électricité augmentent, bien qu’un mécanisme de plafonnement tarifaire soit en place pour modérer le coût de la recharge à domicile. Cependant, les tarifs des bornes de recharge sont également en hausse. En comparaison, le coût par tranche de 100 kilomètres pour un véhicule électrique oscille actuellement entre 3 et 4,50 euros, tandis que pour une voiture essence, il varie de 7,80 à 11 euros. Au Royaume-Uni, les tarifs électriques ont triplé en un an et devraient augmenter de 80 % en octobre, entraînant potentiellement une hausse de 40 euros dans le coût de la recharge d’un SUV électrique. Toutefois, selon les calculs de la compagnie d’assurance RAC, cela demeurerait toujours plus avantageux que le plein d’essence.

Sur les aires d’autoroute, le coût d’une recharge électrique peut atteindre 50 à 60 euros, se rapprochant ainsi du plein en essence ou en diesel.

Les bornes « ultra-rapides » 

Attention aux bornes « ultra-rapides » qui, sur les autoroutes ou dans les zones commerciales, affichent des tarifs moins constants. Les opérateurs de ces bornes, agissant en tant qu’acheteurs-revendeurs d’électricité, se détournent souvent des tarifs réglementés EDF pour travailler avec des fournisseurs alternatifs plus exposés aux fluctuations du marché de l’électricité. Ces opérateurs subissent les variations de prix et les répercutent directement sur leurs clients.

C’est notamment le cas d’Allego, qui équipe les parkings des magasins Casino ou Carrefour. En septembre, ses tarifs ont augmenté de 25 %, suivant une mise à jour précédente au 1er juillet. Une nouvelle évolution pourrait survenir d’ici la fin de l’année, et il est probable que d’autres grands opérateurs tels qu’Ionity, Fastned, et TotalEnergies suivent le mouvement.

Au Royaume-Uni, la situation diffère considérablement. Les tarifs de l’électricité ont quasiment triplé en un an et devraient augmenter de 80 % en octobre prochain. La compagnie d’assurance RAC a donc calculé que, pour un SUV électrique, le coût de la recharge pour les automobilistes britanniques pourrait passer d’environ 20 euros à près de 40 euros. Malgré cette hausse, la RAC souligne que cela demeure tout de même moins cher qu’un plein pour une voiture thermique équivalente.

En France, le coût de la recharge est bien moins élevé, allant jusqu’à 7 euros pour une Renault Zoé (en heures pleines EDF) et à peine davantage pour un SUV électrique, selon le modèle. Cette faible dépense s’explique par le fait que 90 % des utilisateurs de véhicules électriques se branchent à domicile ou sur leur lieu de travail, bénéficiant ainsi des tarifs réglementés EDF contenus par le dispositif du bouclier tarifaire.

Pour promouvoir leurs véhicules 100 % électriques, les constructeurs automobiles mettent en avant le coût kilométrique dérisoire. Selon une enquête de « l’Automobile Magazine », les coûts/100 km varient désormais « de moins de 3 euros à tout juste 4,50 euros pour les modèles les moins efficients. En revanche, le coût/100 km des voitures essence s’échelonne entre 7,80 euros et 11 euros pour les plus gourmandes. »

Simple au double

Une différence du simple au double, qui ne devrait pas forcément évoluer dans les prochains mois, entre les subventions à la pompe pour les carburants et le bouclier tarifaire que le gouvernement souhaite maintenir en 2023 pour juguler les augmentations des prix de l’électricité et du gaz.

 

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